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Acteplume

 

  Il y aura une cascade à l'ombre d'un saule pleureur, juste après le bouquet d'arbres au creux duquel la table et les fauteuils sont à l'ombre. Le bassin sous les nénuphars abritera la carpe bleue et les poissons rouges. Il y aura les bêtes et les fleurs tout autour. Il y aura un îlot.

Déjà l'humanité ailleurs frétille, les éditeurs programment les livres mais personne ne les lira tous. L'économie s'agite. Ça rêve de plages et de proximité. Il y aura un îlot baigné de douceur de calme et de lumière. Si tu ne sais pas quoi lire, ne verse ni dans le feel good ni dans son contraire, lis Colette.

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  Le problème, c'est que je n'arrivais ni à ouvrir le blog, ni à ouvrir la boîte mail. Ces deux-là, je les avais laissés de côté ça fait longtemps. J'ai essayé tous les mots de passe, en vain. Tenté de retrouver la fameuse boîte de secours, qu'on appelle "de récupération", pour rien, ça ne revenait pas.

Hier je me disais, quelle ironie, tous les grands écrivains qui ne promettent que par les livres de papier, comment font-ils en ce moment pour sortir un bouquin ? Nous, les autres, comme personne ne nous lit, ou si légèrement, on a pris cette habitude du numérique. 

Hier je me disais, si j'avais la clé de ce blog, je me passerais à nouveau de tout intermédiaire. Je me passerais du cahier, du stylo, d'open office dernière version, des majuscules, d'un correcteur, d'un éditeur 2.0, et si on ne me lit pas qu'est-ce que ça peut faire.

J'aurais pu me résigner, utiliser une boîte différente, construire un autre cyber espace, utiliser un autre de mes blogs mais non, je le voulais lui, comme on se souvient d'un vieil amoureux dont on ne reconnaîtrait pas le visage et encore moins la voix si on le croisait chez l'épicier, pourtant.

Je regardais le chat jouer avec la queue du chien, sur la terrasse, dans le soleil de l'après-midi,  quand mes doigts on retrouvé le chemin du trousseau à déverrouillage sur le clavier. Il faudra que je me demande un jour pourquoi j'ai l'impression que ma tête les avait oubliés mais pas mes mains, comme si ça tenait à une forme de sensualité. 

La plateforme de l'hébergeur a certainement tenu à me récompenser car une promotion à presque moitié prix m'a été proposée pour acheter une formule sans publicité, avec un nouveau nom de domaine et je peux même créer une boîte à lettres personnalisée. Tout à ma réussite, j'ai profité de l'offre.

 

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Microbe 75

Bientôt va paraître un Microbe de filles, et qui en ont (du talent). 

Pour s'abonner à la revue, c'est chez Éric Dejaeger, Court, toujours !
Et la rubrique Microbe est  ici.

MICROBE 75

Microbe 75.jpgLe 75e numéro du Microbe est prêt !
Ce numéro a été préparé par Jany Pineau.
Au sommaire :
S
amantha Barendson
A
nna de Sandre
C
athy Garcia
I
sabelle Guilloteau
V
irginie Holaind
S
abine Huynh
P
errine Le Querrec
M
urièle Modély
E
mmanuelle Pagano
C
atherine Peintre
J
any PineauModély - À la lettre.jpg
C
écile Portier
C
éline Renoux

Khun San
M
arlène Tissot
J
asmine Viguier

Illustrations : Sabine Danzé
 Les abonnés le recevront dans quelques jours.

Les abonnés « + » recevront également le 38emi(ni)crobe signé Murièle Modély : À LA LETTRE.
Comme d’habitude, les autres ne recevront rien !

Pour tous renseignements, contactez Éric Dejaeger.

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Je ne peux m’empêcher. Je bouge. Un regard en arrière, fugace, ma voisine dans mon dos gribouille sa lettre d’amour. Elle ajoute un « e » à amour, pour accorder avec lettre. 

– Cucurbite ! Assez ! 

Oui, oui, je dois cesser, je suis Cucurbite en cessation de sensations ! Au carré, au cube et même au court brouillon, rien n’y fait, les mathématiques m’indiffèrent. 

Sous le Thalès, la page ! 

Calé dans le creux du classeur, Le Clézio patiente dans le Désert. 

Par la fenêtre de la salle on voit la mer, c’est déjà ça. 

– Cucurbite Pepa ! Au tableau ! 

– Courage Pepita, susurre Marie à mes côtés. 

Au tableau ? Mais pas celui-ci, segmenté, chiffré. Au tableau, avec mes couleurs, ma gouache, mes pinceaux. Cyan, vermillon, safran à l’assaut ! 

En vérité, pitoyable, d’avance humiliée, tête basse, épaules rentrées, je comprends sur l’estrade que j’aurais mieux fait de me tenir à carreaux, comme la mer dans la vitre dessinée en quatre. 

 

– Cucurbite tu rêves ! 

Vingt ans plus tard je traîne encore sur les bancs de l’école. Dites, j’ai tant redoublé ? 

Evidemment non, j’enseigne le français à des terminales scientifiques qui dissimulent Pythagore et les formules qu’ils trouvent magiques sous les jupons de Madame Bovary. 

Sous le pavé, la Texas aux belles touches. 

Ils ont le nez mutin, le teint Biactol et calculent les quatre carreaux de la vitre au millimètre près. Moi je 

regarde la mer… 

– Cucurbite tu rêves ! Grogne Marie en salle des professeurs. Tu dois sévir, il leur faut connaître les 

grands textes ! 

Je ne réponds pas. Je parlerai littérature, ils poseront des équations poétiques. 

Sur l’estrade, Emma Bovary. On verra bien ce qu’elle a à leur dire. 

 
 
 
 

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Anamorphose ?
On entend le dernier chant du phare. Quelque chose est latent. L'explosion, l'apaisement. Les mots, précipités, follement désordonnés, éclairent l'âme tapie en un repli sombre. Les mots les mots. Ils disent l'émotion, la non distance entre la toile et l'écrasé du pinceau ; les mots les mots, excités, impudiques. 
 Phare, phallus, tourbillon grège, cyan, vert-de-gris, la danse grise d'un arc-en-ciel inattendu, le cœur grisé, une antre bleue collée au phare phallus qui se dresse, coït céleste, citrine reçue en bord de phare, cadeau pour  la lumière. Jouissive. 
Crachin, halo, geyser jaune, auréole blafarde mais victorieuse. 
La création orgasme. 
Et lux in tenebris.
Rien n'engloutit la beauté. 
Des voix graves d'hommes remplissent une nef invisible, entre tension et plénitude. 
Anamorphose ? 
Et lux in tenebris.

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Acteplume

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