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Acteplume

Microbe 75

Bientôt va paraître un Microbe de filles, et qui en ont (du talent). 

Pour s'abonner à la revue, c'est chez Éric Dejaeger, Court, toujours !
Et la rubrique Microbe est  ici.

MICROBE 75

Microbe 75.jpgLe 75e numéro du Microbe est prêt !
Ce numéro a été préparé par Jany Pineau.
Au sommaire :
S
amantha Barendson
A
nna de Sandre
C
athy Garcia
I
sabelle Guilloteau
V
irginie Holaind
S
abine Huynh
P
errine Le Querrec
M
urièle Modély
E
mmanuelle Pagano
C
atherine Peintre
J
any PineauModély - À la lettre.jpg
C
écile Portier
C
éline Renoux

Khun San
M
arlène Tissot
J
asmine Viguier

Illustrations : Sabine Danzé
 Les abonnés le recevront dans quelques jours.

Les abonnés « + » recevront également le 38emi(ni)crobe signé Murièle Modély : À LA LETTRE.
Comme d’habitude, les autres ne recevront rien !

Pour tous renseignements, contactez Éric Dejaeger.

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Je ne peux m’empêcher. Je bouge. Un regard en arrière, fugace, ma voisine dans mon dos gribouille sa lettre d’amour. Elle ajoute un « e » à amour, pour accorder avec lettre. 

– Cucurbite ! Assez ! 

Oui, oui, je dois cesser, je suis Cucurbite en cessation de sensations ! Au carré, au cube et même au court brouillon, rien n’y fait, les mathématiques m’indiffèrent. 

Sous le Thalès, la page ! 

Calé dans le creux du classeur, Le Clézio patiente dans le Désert. 

Par la fenêtre de la salle on voit la mer, c’est déjà ça. 

– Cucurbite Pepa ! Au tableau ! 

– Courage Pepita, susurre Marie à mes côtés. 

Au tableau ? Mais pas celui-ci, segmenté, chiffré. Au tableau, avec mes couleurs, ma gouache, mes pinceaux. Cyan, vermillon, safran à l’assaut ! 

En vérité, pitoyable, d’avance humiliée, tête basse, épaules rentrées, je comprends sur l’estrade que j’aurais mieux fait de me tenir à carreaux, comme la mer dans la vitre dessinée en quatre. 

 

– Cucurbite tu rêves ! 

Vingt ans plus tard je traîne encore sur les bancs de l’école. Dites, j’ai tant redoublé ? 

Evidemment non, j’enseigne le français à des terminales scientifiques qui dissimulent Pythagore et les formules qu’ils trouvent magiques sous les jupons de Madame Bovary. 

Sous le pavé, la Texas aux belles touches. 

Ils ont le nez mutin, le teint Biactol et calculent les quatre carreaux de la vitre au millimètre près. Moi je 

regarde la mer… 

– Cucurbite tu rêves ! Grogne Marie en salle des professeurs. Tu dois sévir, il leur faut connaître les 

grands textes ! 

Je ne réponds pas. Je parlerai littérature, ils poseront des équations poétiques. 

Sur l’estrade, Emma Bovary. On verra bien ce qu’elle a à leur dire. 

 
 
 
 

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Anamorphose ?
On entend le dernier chant du phare. Quelque chose est latent. L'explosion, l'apaisement. Les mots, précipités, follement désordonnés, éclairent l'âme tapie en un repli sombre. Les mots les mots. Ils disent l'émotion, la non distance entre la toile et l'écrasé du pinceau ; les mots les mots, excités, impudiques. 
 Phare, phallus, tourbillon grège, cyan, vert-de-gris, la danse grise d'un arc-en-ciel inattendu, le cœur grisé, une antre bleue collée au phare phallus qui se dresse, coït céleste, citrine reçue en bord de phare, cadeau pour  la lumière. Jouissive. 
Crachin, halo, geyser jaune, auréole blafarde mais victorieuse. 
La création orgasme. 
Et lux in tenebris.
Rien n'engloutit la beauté. 
Des voix graves d'hommes remplissent une nef invisible, entre tension et plénitude. 
Anamorphose ? 
Et lux in tenebris.

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